mercredi 30 janvier 2013

Motivation

Elle n'y est plus. La motivation, je veux dire.

Professionnellement, après presque deux ans de bons et loyaux services, je sens arriver précocement la fin d'une carrière, le retour de ma collègue étant susceptible d'être lui-même avancé pour cause de conjoncture "future-ex-familiale" pour elle.
Du coup, un peu de mal à me projeter, à me fatiguer à endurer les travaux du site, à continuer à donner le maximum. Je savais que ce moment arriverait, mais j'avais le temps de faire mon trou. Là du coup, ça va être dur... On verra bien...

La maison n'avance pas. C'est pénible, on a rafistolé en y entrant, mais maintenant les vrais travaux sont difficiles à commencer. On est crevés.

Le Mama a découvert dimanche les joies de la colique néphrétique, gros coup de stress pour moi, et pour lui aussi en plus de la douleur (bon sang, je n'avais jamais vu quelqu'un se tordre littéralement de douleur, je vous assure que c'est impressionnant).

Il y a tout de même de bonnes choses en ce début d'année :

- Germain semble avoir trouvé sa voie, et grâce au carrefour des métiers il a aussi trouvé un moyen d'y arriver, et sur Chalon. Pas belle la vie ?

- Pépé et Domi vont plutôt bien.

- Je réussis à écrire un post !

Allez, pour me remonter le moral, une petite brève du boulot, entendue hier :

Deux frères d'une petite soixantaine d'années sont venus plusieurs fois en quelques jours, ils nettoient la maison de leur maman qui est partie en maison de retraite. Ils font ça dans la bonne humeur, mais un peu dans l'émotion contenue, aussi... Hier donc, alors qu'ils allaient jeter une petite boîte du grenier, un des deux l'ouvre devant moi pour en trier le contenu. Il me montre qu'il s'agit de petits outils de chasseurs destinés entre autres à nettoyer les fusils. Et surprise, il y retrouve également le grelot du collier de son premier chien de chasse. Se dirige vers la benne à ferraille pour vider la boîte, jette tout sauf le grelot, s'ensuit le dialogue :

lui : "j'y jette tout, mais l'grelot du Foufou, j'y garde !
son frère : - qu'essss don qu'te vas en faire ?
- j'vas l'mett' au coin du lit, comme ça y va faire du bruit !
- ouais ben y va pas en faire longtemps...
- qu'esss t'en sais don ? Y'est ta femme qui t'y a dit ?"

J'en ai rigolé un moment. Eux aussi, et l'un d'eux n'a pas été loin de verser sa petite larme, tellement on rigolait alors que ce n'était pas hilarant en soi. Je crois que toute leur tension des quelques jours est retombée à ce moment-là, et qu'ils ont commencé à accepter l'idée de leur maman qui vieillit.

C'est à la fois le meilleur et le pire côté de ce métier : on assiste à des tranches de vies, parfois dures, parfois belles, souvent émouvantes, toujours prenantes car humaines. Souvent émouvantes, car lorsque les gens viennent plusieurs fois en peu de temps, c'est en général que leur vie change pour le bon ou le moins bon. On ne vide pas une maison sans raison. Pour déménager, suite à un décès, à un divorce... Tout ceci est chargé en émotions, en sentiments, et à ce moment-là, c'est moi, simple gardien, qui suis l'interlocuteur privilégié. Il est dur ce boulot (le prochain qui me dit qu'il n'y a plus de saison, je lui fais bouffer ses dents), mais qu'est-ce qu'il est riche... Humainement, j'entends, parce que financièrement, euh... non.

Bon en fait, il semble que la motivation y soit encore un peu...


1 commentaire:

Jorie Mélet a dit…

Plein de courage !
c'est un métier difficie à bien des niveaux... mais est-ce pire que celui d'avant ? finalement ?
Gros Bisous !!